Barbara : le retour ?

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Deux soirées consacrées à la chanteuse Barbara, disparue en 1997, pour la rentrée d’automne de l’Institut français :  projection du film « Barbara » de Mathieu Amalric, et concert « Barbara amoureuse », avec la pianiste et chanteuse Caroline Montier.

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vk_audio_proc   Ecoutez (audio) l’interview de Caroline Montier par Sara Barsoum et Mirna Samir

 

 

 

Caroline Montier fait revivre Barbara à Alexandrie

Le 12 septembre dernier, à l’IFE d’Alexandrie, la chanteuse Caroline Montier a proposé un spectacle plein de sensibilité sur les chansons d’amour de Barbara. Interprétation réussie pour cette « Barbara amoureuse », par une artiste qui aime multiplier les expériences musicales.

Caroline Montier a offert en cette rentrée 2018 un joli récital à Alexandrie. Avec une remarquable interprétation, la chanteuse, comédienne et pianiste, réussit à rendre l’esprit de la “Dame en Noir”.  Barbara, également surnommée La Longue Dame Brune ou La Chanteuse de Minuit, fut une figure incontournable de la chanson française, dont plusieurs titres sont devenus des classiques : « Dis, quand reviendras-tu ? », « Göttingen », « L’aigle noir » ou encore « Ma plus belle histoire d’amour ». 20 ans après sa disparition, elle reste au panthéon de la chanson française avec Brassens, Brel et Piaf.

Pour Caroline Montier, la rencontre avec Barbara a été tardive. Elle avoue qu’elle ne connaissait pas la chanteuse, jusqu’à ce qu’on lui parle de sa ressemblance avec elle. « J’ai choisi une chanson et j’ai fait un duo avec un guitariste. Les gens m’ont dit : tu dois chanter Barbara ! » C’est donc une demande venue du public. En 2017, année anniversaire de sa mort, elle a monté ce spectacle, conçu avec la chanteuse, actrice et metteuse en scène Caroline Loeb.

Caroline Montier avoue son admiration pour Barbara : « C’était une artiste admirable, une très grande personnalité, quelqu’un de généreux et de très original. C’était une artiste engagée qui s’est battue pour beaucoup de causes, une femme qui avait une vie difficile, une battante. Tout simplement une très grande artiste ! »

 

Alors, comment devient-on l’interprète d’une chanteuse à la si forte personnalité ? Pour Caroline Montier, c’est une affaire avant tout de sincérité : « L’idée c’est d’habiter un personnage, des mots, de les faire revivre, et moi je suis chanteuse et pianiste, j’aime les textes de Barbara, je les dis avec le plus de conviction et sincérité possible car ce sont des textes et de la musique qui me touchent. Avec le solo piano-voix, je reste proche de l’original, mais je le fais avec ma sensibilité d’artiste très personnelle et avec ma perception du texte. »

Mais se couler dans un personnage aussi imposant que Barbara, n’est-ce pas risqué pour une chanteuse qui a son propre répertoire musical ? Caroline Montier ne semble pas s’en inquiéter : « Ça ne fait qu’un an que je joue ce spectacle, c’est très court par rapport à ma carrière entière. Les artistes commencent toujours par interpréter quelqu’un d’autre, Barbara a été connue parce qu’elle interprétait Brassens et Brel. Donc tous les artistes commencent par interpréter quelqu’un d’autre et puis ils continuent dans une voie plus personnelle. J’ai commencé ce spectacle en Avril 2017, donc depuis un an et demi et j’espère le jouer encore mais je continuerai à jouer des choses complètement différentes. »

Chanteuse de talent, au service d’une voix devenue légendaire, Caroline Montier a conquis le public alexandrin (lire quelques réactions ci-dessous), au terme de ce double hommage à Barbara : la veille, l’Institut français projetait le film « Barbara » de Mathieu Amalric, une évocation imaginaire de la star, interprétée ici par une autre grande chanteuse, Jeanne Balibar. Le film n’a pas vraiment convaincu Caroline Montier : « Il y a des belles choses, des beaux moments, mais je me suis un peu ennuyée ! »

Mirna Samir,  Sara Barsoum, May Helmy

 Barbara : la Dame en noir

Née Monique Andrée Serf, d’un père alsacien et d’une mère originaire d’Odessa, Barbara a commencé la musique avec sa voisine, professeur de chant, qui lui a enseigné le solfège et le piano et lui a fait travailler sa voix. C’est ensuite le conservatoire de Paris et elle fait ses premiers pas de chanteuse au Cabaret l’Ecluse, véritable pépinière de talents dans les années 1950-60 : Jacques Brel, Serge Lama, Bernard Haller, Raymond Devos et beaucoup d’autres s’y sont produits. L’une des plus fameuses parmi les auteurs-compositeurs de son époque, et une représentante de ces chanteurs à texte qui ont marqué la chanson française de la deuxième moitié du siècle dernier, Barbara a donné son nom au Prix Barbara qui, depuis 2010, récompense chaque année une jeune chanteuse francophone.

Caroline Montier : une carrière qui traverse les genres musicaux

Caroline Montier débute le piano à l’âge de 7 ans, poursuit ensuite sa formation musicale au conservatoire parallèlement à des études de lettres modernes et d’art dramatique. Titulaire d’un premier prix de piano et d’un premier prix de chant, elle a longtemps pratiqué simultanément ces deux activités ainsi que celle de chef de chœur. Chanteuse qui aime à traverser les frontières musicales, elle s’est essayé à tous les genres : l’opéra, le baroque, la chanson populaire, la musique contemporaine ou le jazz. Interprète dans plusieurs formations, elle fait notamment partie du trio de jazz « Les Swinging Poules », et a monté le duo Adela, guitare et voix. En septembre 2016 elle demande à Caroline Loeb de mettre en scène le projet Barbara amoureuse, spectacle qu’elle crée au Théâtre Essaïon à Paris en avril 2017, tout en continuant ses autres expériences musicales.

Du côté du public

20180912_201051(Quelques réactions, à la sortie du spectacle)

  • « J’ai beaucoup aimé les chansons, la musique. L’éclairage sur la scène et la mise en scène m’ont beaucoup aidé à vivre l’ambiance. »
  • « Les paroles sont très émouvantes, décrivant d’une manière assez réaliste les différentes sensations et émotions par lesquelles passe la femme. »
  • « J’ai un faible pour les chanteurs à texte, parce que ça me rappelle mon enfance. Avec mes parents, on écoutait toujours Barbara, Moustaki, etc. On a grandi avec ces textes que nos parents nous ont expliqués. C’est un peu la nostalgie de ce temps-là, le temps des auteurs compositeurs. »

 

 

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