Youssef Chahine : l’hommage des jeunes artistes d’Alexandrie

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Pour rendre hommage à Youssef Chahine, disparu il y a 10 ans, l’Institut français a choisi de donner « carte blanche » à 5 jeunes artistes plasticiens d’Alexandrie. Originalité et non conformisme caractérisent cette exposition intitulée « Yes he is Joseph », inaugurée le 23 septembre.

Une soirée riche en événements ! L’exposition était précédée par un concert de Amir Awad, au piano, sur les musiques de film de Youssef Chahine. Beau succès et public recueilli pour ces mélodies connues de tous, qui ont été jouées sur un piano Pleyel, très rare en Egypte (il date des années 1940 et vient d’être restauré), dans le Grand hall de l’Institut.

Voir l’extrait vidéo 

Amir Awad a été interviewé par les webreporters du Mag :

Screenshot_2018-10-12 (2) Institut français d'Egypte à Alexandrie - Accueil

Selon vous, comment sont intégrés la musique et l’orchestre dans les films de Chahine ?

 Amir Awad : « Youssef Chahine choisit toujours la mélodie ou la musique qui conviennent à l’esprit de ses films, et à la société décrite. Par exemple dans son film Alexandrie pourquoi ? : c’était les années 70, où l’Egypte était encore cosmopolite, et il a intégré le jazz comme un écho de cette culture. »

Autre surprise : à la fin du concert a été lu un texte de l’écrivain Ibrahim Abdel Meguid, composé pour l’occasion, sur Youssef Chahine et son cinéma. Accompagnés au piano par Amir Awad, Nour Awad et Racha Ragab ont lu le texte en arabe, également distribué avec sa traduction en français, dans le public.Screenshot_2018-10-12 Facebook

L’écrivain conclue son texte ainsi : “Youssef Chahin, l’homme qui a possédé le monde et l’a considéré comme un jouet, tel un enfant jouissant de toute sa liberté. Sachant que sa liberté est un chemin vers l’éternité… »

Lire le texte d’Ibrahim Abdel Meguid.

 

Enfin place aux artistes : le hall au premier étage de l’Institut a été investi par l’exposition « Yes, he is Joseph », dont c’était l’inauguration.  Cette exposition collective a associé Mahmoud Saïd, Takwa Sabry, Rana Issa, Salah El Din Ahmed. Commissaire de l’exposition, Ahmed Mohamed Nabil a proposé une vidéo graphique pleine d’invention et de poésie sur le grand cinéaste.

Voir la vidéo.Screenshot_2018-10-12 (3) Institut français d'Egypte à Alexandrie - Accueil

Le reportage du Mag :

Les portes de l’exposition de l’art sont ouvertes pour le public. Les jeunes artistes commencent par se présenter en livrant le message qu’ils ont voulu transmettre dans leurs œuvres. Quel a été le processus de création, et leur source d’inspiration ?

 «J’ai été inspirée par le film « Alexandrie Pourquoi ? », surtout l’affiche sur laquelle j’ai commencé à appuyer mon travail », témoigne Takwah Sabry, qui a créé une peinture abstraite faite de couches superposées. Une des sous-couches comporte le dialogue du film, une autre reprend les couleurs de l’affiche, finalement la dernière couche reproduit la carte d’Alexandrie. Un tableau fait de superpositions de couleurs pour nous transmettre les émotions et le style de Alexandrie pourquoi ?

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Un autre travail est celui de l’artiste Rana Eissa, qui nous plonge dans une vision contemporaine des films de Chahine en nous présentant Le Choix. C’est un de films les plus éloquents du cinéaste, qui évoque un cas psychologique et pose des questions existentielles sur la notion de vérité. Rana a choisi le procédé du Collage Art, avec des images tirées du film et réparties en plusieurs séries qui forment un tableau complexe rassemblant les personnages du Choix.

« Chahine avait une personnalité toujours nerveuse, si bien qu’on croyait qu’il allait perdre son œil droit, à cause du temps passé à regarder à travers la caméra ! » souligne Rana.

 Salah Al-Din, lui, a choisi de présenter Youssef Chahine par une série de tableaux qui font allusion à quelques moments de la vie quotidienne de Chahine, en exprimant sa passion pour le réalisateur. Enfin le grand portrait créé par l’artiste Mahmoud Saïd montre, dans un style classique mais traité avec des couleurs criardes, le modernisme du réalisateur.

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Les quatre jeunes artistes ont indiqué que cette expérience les a obligés à se confronter à la difficulté d’exprimer, sur le plan plastique, la personnalité et l’œuvre du réalisateur, en réussissant à vaincre cet obstacle.

Un événement qui a mis en lumière le rôle de Youssef Chahine dans le développement de l’art cinématographique en Égypte, et son influence sur les autres domaines artistiques.

Basma El Assar & Sandra Sarwat

 

 

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