Centre culturel jésuite : la culture pour tous les Alexandrins

Publié par

Pour beaucoup de jeunes, c’est un lieu où se retrouver et où il se passe toujours quelque chose : concerts, expositions, ateliers. Le Centre des Jésuites à Alexandrie est un « bouillon de cultures ».

Le Centre culturel des Jésuites d’Alexandrie, avec son petit jardin, son café en extérieur et son théâtre, offre un havre de repos et de culture au milieu de la dense et bruyante deuxième plus grosse ville d’Egypte. Il est animé par un jeune prêtre, ordonné en 2017 et dont c’est la première mission. Pour le Père Georges Fadi, le rôle majeur de ce Centre est de procurer aux jeunes un accès de qualité à la culture et aux arts, sans qu’ils aient à payer quoi que ce soit. Le Centre répond ainsi à trois objectifs. Le premier est d’offrir des évènements culturels à des personnes de toutes origines sociales, de tous âges, de toutes religions, sans aucune discrimination.

« Nous sommes très fiers de cela », commente Père Fadi. « Après, il y a un autre aspect, celui de la formation, et ça c’est notre talent en tant que jésuite », poursuit-il. En effet, le Centre propose toute l’année de nombreuses formations : dans le domaine culturel (ateliers d’art plastique, de cinéma, cours de piano…), mais aussi dans le domaine du développement personnel : leadership, coaching, gestion et résolution des conflits, aide psychologique…

Enfin, événements et formations se combinent pour susciter subtilement la recherche et la réflexion sur les sujets sociaux : la pauvreté, la place de la femme, la guerre… Père Fadi résume l’esprit du Centre : « Donner un sens à la vie, dans un milieu où il se perd. Il faut insuffler un espoir, pour que les jeunes puissent imaginer un monde plus beau, et à travers toutes ces activités, on essaye de marcher vers ce monde. On forme les jeunes, pas seulement pour qu’ils soient compétents techniquement, mais qu’ils puissent bâtir la paix, la justice, et le bien commun ».

Ainsi le Centre propose l’entremêlement très riche de trois dimensions : l’art, la spiritualité, la paix et la justice sociale. Par exemple, il soutient le projet de « Art et Vie », venant en aide aux enfants des rues par l’art. « C’est un espace magnifique avec beaucoup de possibilités, où l’on peut jardiner un jour, et un autre suivre un séminaire, puis assister à un concert, et encore un autre jour faire un atelier de danse, et toujours en vivant dans le dialogue interreligieux. Cette maison est la maison de tous. »

Thibaut Van Den Bossche

Petite histoire du Centre

Les Jésuites fondent en 1882 le Collège Saint-François-Xavier dans le centre-ville d’Alexandrie. A la fin des années 1880, ils font l’acquisition d’un vaste terrain à Cléopatra, un quartier à l’époque en périphérie de la ville. Le terrain est utilisé comme maison de campagne pour les jeunes étudiants, les camps ou les baignades. En 1922, subissant la concurrence du Lycée de la Mission Laïque française, les Jésuites décident de fermer leur Collège d’Alexandrie, pour privilégier celui de la Sainte-Famille au Caire. En 1953-1954 est construite l’actuelle Maison Saint-François-Xavier sur ce terrain, selon les plans de l’architecte alexandrin d’origine syrienne Ferdinand Debbane. « A gauche se trouve le théâtre, à droite l’église, et les Jésuites habitent au centre, pour faire le pont entre l’artistique et le spirituel », explique Père Fadi. La maison sert au départ de centre universitaire, avec une bibliothèque francophone composées de livres spécialisés dans les domaines de la médecine, la pharmacie, l’ingénierie, la littérature, à côté de la philosophie et la théologie.

Les activités culturelles étaient francophones jusqu’en 1999, lorsque le Frère Fayez Saad, architecte de formation et un visionnaire, décide d’ouvrir davantage le centre en développant des activités plus populaires et en arabe, au moment où s’épanouissent l’art indépendant et la musique « underground ». Il transforme un ancien hangar désaffecté situé dans l’enceinte du Centre en un théâtre moderne, qui portera désormais le nom de Garage. « Ce fut l’âge d’or du Centre, désormais arabophone, ouvrant ses portes à tous les jeunes, et proposant beaucoup d’activités, concerts, expositions… ». Il devint un pôle culturel majeur d’Alexandrie, avant l’ouverture de la Bibliotheca Alexandrina en 2002. De nombreux groupes de musique célèbres ont commencé ici, comme Massar Egbari, groupe de rock fondé en 2005. – T. V. B.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s