Rendez-vous : Écrire la Méditerranée

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Du 7 au 11 avril, c’est le retour à Alexandrie des Rencontres littéraires, pour leur 8e édition.

Les rencontres Ecrire la Méditerranée ont été créées en 2010 par l’Institut français d’Egypte et le Centre Méditerranéen de Littérature, en partenariat avec la Bibliothèque d’Alexandrie. Le lancement de cette manifestation entendait répondre au don exceptionnel de 500 000 ouvrages fait par la Bibliothèque Nationale de France à la Bibliotheca Alexandrina, en contribuant à maintenir une présence du français dans la ville la plus francophone d’Egypte.

Après les deux dernières éditions consacrées aux migrations et à la traduction, les Rencontres 2019 ont lieu dans le cadre de l’Année culturelle France-Egypte, organisée à l’occasion des 150 ans de l’inauguration du Canal de Suez.

Nous avons choisi cette année de célébrer les « saveurs » d’une Méditerranée que l’actualité de ces dernières années nous a habitué à considérer sous une lumière plus sinistre. Il était temps de rappeler, en effet, que l’espace méditerranéen est resté par-delà la tragédie le lieu d’élection de la sensualité et d’une infinie diversité de goûts et de couleurs. Il ne s’agit pas ici d’ignorer les drames et les angoisses dont il sera question dans nos débats, mais de dire aussi la permanence d’un lien, l’espoir préservé dans les forces de vie qui continuent à s’exprimer, ceci en toute lucidité.

Jour 1   7 avril


Institut français – 16h : Café littéraire (Boudoir) avec Yahia Belaskri, Farouk Mardam-Bey, Robert Colonna d’Istria. Modération : André Bonet

Institut français – 18h : Restitution (diaporama & musique) de l’atelier photographique, animé par Bruno Boudjelal.

19h30 : Vernissage de l’exposition Wissa Wassef

20h15 : Spectacle Les Nuits de El Warsha (metteur en scène Hassan El Geretly)

Jour 2   8 avril

10h : Rencontres d’auteurs (écoles bilingues) Lycée français : Gilles Gauthier.

Université Senghor 

15h : Café littéraire Afrique avec Jean Bofane, Ryad Girod, Jean-François Faü,
Modération : Paul-André Claudel


17h30 : Table ronde Le goût de la Francophonie.Avec Jean-François Faü, Jean Bofane, Alexis Jenni, Robert Colonna d’Istria, Gilles Gauthier, Yahia Belaskri. Modération : Odile Cazenave

Jour 3   9 avril

10h : Rencontres d’auteurs (écoles bilingues). Lycée français : Valérie Manteau.

10h : Rencontre à l’Université d’Alexandrie avec Gilles Gauthier, Charles Akl, Mohamed Rabie.

15h : Atelier à l’Institut français : goûts, recettes, épices en Méditerranée (ouvert au public), avec Noha Baz.

16h : Café littéraire (Centre culturel Jésuite), avec Mohamed Rabieh, Gilles Gauthier, Stéphanie Dujols,Farouk Mardam-Bey. En arabe. Modération : Rym Hafez

Institut français –
18h : Présentation de l’exposition Femmes d’ici, cuisines d’ailleurs, par Boris Tavernier et Alexis Jenni.

19h : Table ronde La cuisine de Zyriab : le goût de la Méditerranée – Avec Farouk Mardam Bey, Noha Baz, Alexis Jenni, Boris Tavernier, Robert Colonna d’Istria, Charles Akl. Modération : André Bonet

Jour 4   10 avril

10h : Rencontres d’auteurs (écoles bilingues)

16h : Café littéraire (Theatro) avec Valérie Manteau, Alexis Jenni. Modération : Paul-André Claudel & Thierry Perret


Institut français, 18h –Table ronde Saveurs méditerranéennes : comment se réconcilier avec l’identité, avec Valérie Manteau, Ryad Girod, Alexis Jenni, Jean Bofane, Gilles Gauthier, Farouk Mardam-Bey, Yahia Belaskri. Modération : Odile Cazenave et Thierry Perret

19h30 : Soirée gastronomie sur invitation au Consulat général de France

Jour 5   11 avril

Le Caire : Auditorium, Mounira à 18h

Pour leur 8ème édition, les Rencontres alexandrines « Ecrire la méditerranée » font une halte au Caire.

Au programme de cette soirée, les écrivains égyptiens Mohamed Rabie et Muhammad Abdelnabi dont les romans viennent d’être traduits chez Actes Sud, l’éditeur Farouk Mardam-Bey (Sindbad/Actes Sud), le traducteur Gilles Gauthier et les écrivains Valérie Manteau (Prix Renaudot 2018), Alexis Jenni (Prix Goncourt 2011) et In Koli Jean Bofane (Prix des cinq continents de la Francophonie 2015). Organisée par David Ruffel et le Bureau du Livre de l’Institut français d’Egypte

Les auteurs et participants

Farouk Mardam Bey, né à Damas, est un bibliothécaire, historien et éditeur franco-syrien. Il a travaillé comme conseiller culturel à l’Institut du monde arabe. Il dirige le département Sindbad chez Actes Sud. Grand connaisseur de la culture et de la littérature arabe. Farouk Mardam-Bey est aussi l’auteur d’essais et documents sur le Maghreb et le Proche-Orient, notamment sur la crise de Syrie. Il a également publié La Cuisine de Ziryâb et Traité du pois chiche (Actes Sud), un voyage gastronomique et historique autour de la Méditerranée composé de citations littéraires, de références savantes, de recettes gourmandes et d’anecdotes.

Valérie Manteau est auteure, éditrice et journaliste française.
En 2013, elle rejoint le Musée des Civilisations de l’Europe et de la Méditerranée (Mucem) à Marseille, comme chargée d’édition et de diffusion. Elle a écrit deux livres édités au Tripode : « Calme et Tranquille » en 2016 et « Le Sillon« , à la rentrée littéraire de septembre 2018. Le Sillon est un roman-récit polyphonique : une jeune femme rejoint son amant à Istanbul, alors que la ville se défait au rythme de ses contradictions et de la violence d’Etat, sous le regard de ces intellectuels modernistes qui s’interrogent : faut-il rester, faut-il partir ? La narratrice restitue comme une histoire parallèle la mémoire de Hrant Dink, journaliste arménien de Turquie, assassiné pour avoir défendu un idéal de paix. Valérie Manteau a reçu le prix Renaudot 2018 pour Le Sillon.

Ancien diplomate, notamment Consul général de France à Alexandrie, Gilles Gauthier est le traducteur des romans de Alaa El Aswany. Aujourd’hui conseiller de Jack Lang à l’Institut du monde arabe, il partage sa vie entre Paris et Le Caire. En 2018, il a publié «Entre deux rives : 50 ans de passion pour le monde arabe », (Editions Lattès), où il exprime son attachement pour le monde arabe qu’il découvre à l’âge de 18 ans et dont il suit les évolutions et les révolutions tout au long de sa carrière de conseiller culturel et d’ambassadeur.

Alexis Jenni est un auteur français né en 1963 à Lyon, lauréat du prix Goncourt 2011 pour son premier roman L’Art français de la guerre (Editions Gallimard). Son intérêt pour l’histoire et le devenir de l’humanité l’a conduit à diriger un volume collectif sur « Le Monde au XXIIe siècle » (PUF, 2013) et à s’entretenir avec Benjamin Stora sur « Les Mémoires dangereuses » (Albin Michel, 2016). En 2017, il a publié « Femmes d’ici, cuisines d’ailleurs« , sous la direction de Boris Tavernier, récit délicieux de la vie de quinze femmes dans la France d’aujourd’hui qui révèlent leurs trésors culinaires familiaux. Récemment, il a publié Féroces infirmes (Gallimard), où deux récits s’entrecroisent. Jean-Paul, jeune Lyonnais de 20 ans, est appelé en Algérie. Au bout de deux ans, il déserte. En France où il est toujours clandestin, il fréquente des milieux extrémistes qui lui demandent de tuer le Général. Aujourd’hui, il vit dans une tour, âgé de 80 ans, où son fils s’occupe de lui. Le fils de leur voisin cache des armes dans les caves où se réunissent des salafistes…

Koli Jean Bofane est né le 24 octobre 1954 à Mbandaka (République du Congo) et vit en Belgique. En France, il a publié Pourquoi le lion n’est plus le roi des animaux (Gallimard Jeunesse), lauréat du Prix de la Critique de la Communauté Française de Belgique ; et chez Actes Sud Mathématiques congolaises (2008) et Congo Inc., le testament de Bismarck (2014), Prix des cinq continents de la Francophonie. En 2018, il publie La belle de Casa, un roman qui se déroule à Casablanca où un jeune Congolais enquête sur la mort d’Ichrak, une belle jeune femme retrouvée assassinée dans un quartier populaire de la ville. Le récit caustique et sans concession est prétexte à épingler les travers de la société marocaine, corruption, magouilles, précarité des migrants.  Ses ouvrages ont été traduits aux USA, en Allemagne, au Brésil, en Corée, en Slovénie.

Yahia Belaskri, né à Oran en 1952, est romancier, nouvelliste et essayiste. Ancien journaliste il a notamment publié Si tu cherches la pluie, elle vient d’en haut (Prix Ouest-France/ Étonnants Voyageurs 2011), les Fils du Jour (Prix Beur FM Méditerranée 2015), et Abd el-Kader, le combat et la tolérance (2016). Récemment, il a publié Lettre ouverte à ceux qui se sentent envahis et à ceux qui veulent tout détruire au nom de leur croyance étriquée, un bref essai consacré aux préjugés et aux idéologies liés à la théorie du choc des civilisations, en particulier en Méditerranée. Il est également secrétaire de rédaction de la revue Apulée. Son dernier roman est Le livre d’Amray (éditions Zulma): « Amray est né avec la guerre, entre le souffle du chergui et les neiges des Hauts Plateaux. Mais bientôt son monde vacille et les amis d’enfance, Shlomo, Paco, Octavia – celle qu’il nomme ma joie – quittent le pays. Resté là comme en exil, Amray, fils de fières et nobles figures de résistance, Augustin, la Kahina ou Abd el-Kader, part lui aussi chercher plus loin ses horizons. »

Historien, écrivain, Robert Colonna d’Istria a consacré de nombreux ouvrages à la Corse (Histoire de la Corse, La République prend le maquis, Ils sont fous ces Corses !…) et à Napoléon. Il a également publié des récits de voyage (Maroc. Lumière berbère, Hexagone-trotter, récit d’un voyage à pied de Brest à Bonifacio…), des essais politiques et, en 2016, La France n’est pas à vendre : notre patrimoine en danger où l’auteur fait le point sur l’état du patrimoine culturel en péril en France. En 2014, Le Testament du bonheur est une prouesse imaginaire : la chronique de 51 livres qui n’ont jamais existé ! En 2018 est publié Une famille corse : 1500 ans de solitude (Editions Plon).

Jean-François Faü, Directeur du département Culture à l’Université internationale Senghor d’Alexandrie, est chercheur HDR, Docteur de 3ème cycle en histoire médiévale (Phd) et d’un Diplôme universitaire en arabe littéraire. Chercheur associé au Centre Français des Études Éthiopiennes (programme sur la Corne de l’Afrique à l’époque médiévale), il est également chercheur associé au Centre d’Études Alexandrines (CNRS-USR 3134), sur un programme d’études des minorités dans la Méditerranée orientale. Auteur de plusieurs ouvrages concernant l’Orient médiéval, il est membre de l’Archeological Society of Alexandria et membre de l’ICOM/UMAC. Il a participé à l’ouvrage collectif : Alexandrie dans la Première guerre mondiale (CEAlex, 2018).

Charles Akl, né en Egypte, a publié plusieurs articles, principalement dans le domaine de la critique artistique. Il a longtemps travaillé dans le domaine culturel dans son pays, comme responsable du programme musical puis directeur du théâtre El Geneina au Caire, directeur d’une plateforme rythmique pour la musique indépendante. Son premier livre a été publié en 2017 : « Ghazaa El Qebti » (Kotob Khan), un voyage dans la cuisine copte dans toutes ses particularités : cent vingt façons différentes de préparer le foul medames et l’art de contourner le végétarisme du jeûne chrétien pendant de longues périodes de l’année…

Noha Baz, médecin-pédiatre de formation et gastronome par passion, est diplômée des hautes études du goût et de la gastronomie de l’Université de Reims – Duggat en 2009. Elle est également analyste gastronomique et auteure de plusieurs ouvrages gourmands qui illustrent la transmission du goût.
En 2018, elle a publié deux livres : La recette d’où je viens : portraits gourmands & recettes souvenirs, une présentation du patrimoine culinaire libanais à travers des souvenirs gourmands de personnalités venues de différents horizons. Le livre met en valeur un passé dans lequel chacun prenait le temps de bien cuisiner avec des produits naturels. Les témoignages y sont accompagnés de recettes. La nuit de la pistache : Alep, souvenirs et gourmandises est un hommage à l’art de vivre et à la gastronomie d’Alep, ville au carrefour des cultures pendant des siècles, ultime escale sur la route des épices et point de rencontre des marchands du monde entier. L’ouvrage allie des recettes familiales aleppines et des souvenirs d’enfance à Alep au milieu des années 1960.

Ryad Girod est né en 1970 à Alger. Professeur de mathématiques, il a enseigné dans plusieurs villes, dont Paris et Riyadh. Ayant séjourné quatre années en Arabie Saoudite, période durant laquelle il a également été conseiller pédagogique, il a été amené à voyager dans la région (Doha, Abu Dhabi, Bahrein). Il a ainsi développé une connaissance intime de cet épicentre de la géopolitique mondiale et du microcosme expatrié qui y évolue. Il enseigne actuellement à Alger et a publié en 2008 « Ravissements », en 2015 « La Fin qui nous attend », et dernièrement « Les yeux de Mansour » : un roman à la fois mélancolique, puissant et poétique qui interroge sans complaisance notre époque et ses faillites, tant politiques que métaphysiques. Grand prix Assia Djebar, le roman publié aux éditions Barzakh, est sorti en France aux éditions P.O.L en 2019.

Odile Cazenave est Professeur d’études françaises à la Boston University et dirige le Département de Romance Studies. Sa recherche porte sur l’écriture, l’esthétique et la réception de textes littéraires et filmiques postcoloniaux en français. Ses publications incluent Femmes rebelles : naissance d’un nouveau roman africain au féminin (1996, en anglais, 1999), Afrique sur Seine. Une nouvelle génération de romanciers africains à Paris (2003, en anglais, 2005) et, en co-écriture avec Patricia Célérier, Contemporary Francophone African Writers and the Burden of Commitment (2011). Editrice invitée ou co-éditrice pour plusieurs numéros de revues, elle a notamment co-édité Cultures Sud, 172, « L’engagement au féminin »avec l’écrivaine et philosophe Tanella Boni et, avec Patricia Célérier, Présence Francophone 85, « Vingt ans après le génocide des Tutsi du Rwanda : regards sur la production artistique » ; également Nouvelles Études Francophones (33, 1, 2018) sur le documentaire africain et afrodiasporique.

Boris Tavernier Né en 1979 dans le Pas de Calais. Il est investi dans l’économie sociale et solidaire, et l’alimentation. En 2004 il fonde De l’autre côté du pont, un bar restaurant en scop, où il assure la cuisine et la programmation culturelle. Titulaire d’un Master 2 en ESS, il est actuellement directeur de Vrac, groupement d’achat qui distribue des produits alimentaires bio et locaux dans les quartiers populaires, à un prix accessible. Dans le cadre de cette association, il organise des concours de cuisine dans ces quartiers, des projets pédagogiques autour de l’alimentation, et a initié et supervisé le projet « Femmes d’ici, Cuisine d’ailleurs », livre d’enquête et de récits sur la cuisine des femmes issues de l’immigration. En 2018 il produit le documentaire « Jeunes Pousses, des ados à la rencontre de l’agriculture et de l’alimentation ». Tout en assumant le développement national de VRAC dans d’autres villes de France, Boris Tavernier prépare avec Alexis Jenni et Frédéric Denhez un livre où il sera question… d’alimentation.

Mohammad Rabie, né en 1978. Il a fait ses études d’ingénieur en génie civile à Higher Technological Institute. Son premier roman, La bibliothèque enchantée (Kawkab Anbar), a été publié en 2010 et a remporté le premier prix dans la catégorie des écrivains émergents du concours du prix culturel Sawiris en 2011. Son deuxième roman, Year of the Dragon, est sorti en 2012. Otared, son troisième roman, se déroule en 2025, quatorze ans après l’échec de la révolution, où l’auteur envisage un avenir sombre pour l’Égypte. L’ouvrage a été sélectionné pour le Prix international de la fiction arabe en 2016 (Booker Prize arabe).

Paul-André Claudel est maître de conférences en littératures comparées à l’université de Nantes, actuellement en délégation CNRS auprès du Centre d’Etudes Alexandrines. Ses travaux portent sur le courant de la décadence et la littérature fin-de-siècle dans le domaine français, italien et méditerranéen. Il vient d’éditer, en collaboration avec le CEAlex, les mémoires du journaliste anarchiste italien Romolo Garbati, Mon Aventure dans l’Afrique civilisée (2018).

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