Écrire la méditerranée : le récit des journées (2)

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Les Rencontres littéraires, qui ont eu lieu du 7 au 11 avril, ont été couvertes par une rédaction de lycéens, pilotés par Thibault Van Den Bossche. Retrouvez grâce à eux les temps forts de la manifestation.

Jour 2 : Rencontres d’auteurs, Café Littéraire et Table Ronde.

Cette journée du 8 avril a débuté avec les rencontres de Noha Baz (médecin-pédiatre, auteure et analyste gastronomique) auprès des jeunes filles de l’école de Sainte-Jeanne Antide, de Charles Akl à l’ISTHI et d’Alexis Jenni à l’école Girard. L’occasion pour chacun de ces auteurs de présenter une partie de leur œuvre et d’échanger avec le public de ces différentes écoles.

Alexis Jenni revient sur son livre « L’art français de la guerre » récompensé par le prix Goncourt. L’histoire commence avec la première guerre du Golfe : le narrateur fait la connaissance de Victorien Salagnon, un ancien parachutiste devenu peintre: « Peindre sauvait sa vie et son âme. Il resta plusieurs jours sans rien faire d’autre. Peindre permet d’atteindre cet état merveilleux où la langue s’éteint. » En échange du récit de sa vie, il donne des leçons de dessin au narrateur et lui offre un pinceau en poils de loup. Les deux hommes se croisent et de chapitre en chapitre, nous vivons d’une part l’art français de la guerre et d’autre part une réflexion sur la société d’aujourd’hui.

L’écrivain nous explique qu’aujourd’hui il est extrêmement important de savoir toute l’histoire de nos guerres, et d’en avoir le récit complet même si c’est dur, ce qui est sûrement mieux que de rester obsédé par un passé mal raconté. « Si on ne connait pas le passé, on ne peut pas être présent. »

En effet, il a mentionné plusieurs fois l’immigration et le préjugé qui veut que tous les immigrants sont des voyous, expliquant que même s’il existe des cas de violence, il y a aussi tous ceux qui sont pacifiques. En outre, il a aussi déclaré que ces gens ont souffert mais n’arrêtent pas d’essayer quand même de survivre. Cela fut l’un des points importants dans son livre “Femmes d’ici, cuisine d’ailleurs” qui réunit l’histoire de plusieurs femmes d’origines différentes et leurs cuisines familiales. « Les gens qui viennent en France ont une bonne raison d’y venir, on doit accueillir ces gens pleins d’énergie et de positivité. »

En somme, notre rencontre avec l’auteur a été très fructueuse. Le génie de Jenni dans ses livres ne peut être ignoré…

Mariam Ismail, Yasmine Hani et Nada Amr, élèves en 2ème secondaire à l’école Girard

Pour continuer cette journée, l’Université internationale de Senghor nous accueillait dans ses locaux pour un Café littéraire accompagné de Gilles Gauthier, Robert Colonna d’Istria et Jean-Françrois Faü, et de Paul-André Claudel comme modérateur.

La première intervention a mis la lumière sur une partie du monde dont l’histoire est peu connue. M. Gilles Gauthier, ancien diplomate, traducteur et actuel conseiller de Jack Lang à l’Institut du monde arabe, nous a parlé de ses souvenirs de carrière dans le monde arabe, rapportés dans son ouvrage : « Entre deux rives : 50 ans de passion pour le monde arabe ». Dans ce livre, M. Gauthier relate ses expériences dans un monde changeant et subissant des événements dramatiques. Parmi les épisodes les plus importants : son emprisonnement au Maroc, sa vie à Bagdad pendant la guerre irano-irakienne, et sa couverture du printemps arabe. Après cette introduction, M. Gauthier nous a donné son opinion sur les expositions arabes auxquelles il a participé autrefois, ainsi que sur les développements actuels du monde arabe.

Puis c’est l’écrivain Robert Colonna d’Istria qui nous a parlé des villes du monde arabe et de la Méditerranée en général, des racines mais aussi des développements récents. Il a ensuite abordé la France et son patrimoine culturel et comment on peut le préserver contre l’oubli et la perte de valeur. Il a aussi parlé de l’histoire de la Corse, thème de plusieurs de ses livres dont le dernier « Une famille corse : 1200 ans de solitude ». L’écrivain a aussi publié « Moi, Napoléon Bonaparte », une autobiographie imaginaire de l’empereur des Français.

Enfin, le Café littéraire s’est terminé avec l’intervention du docteur Jean-François Faü, directeur du département culture de l’Université Senghor à Alexandrie. Docteur Faü est féru de l’histoire médiévale du monde arabe. Il nous a présenté brièvement l’histoire des juifs dans le bassin méditerranéen en général et dans la péninsule arabique en particulier. Il nous a ensuite expliqué l’histoire d’Alexandrie et l’adaptation humaine autour du bassin, et ses motivations pour écrire ses livres.

Ahmed Mootaz et Loay Omar, élèves en 3ème préparatoire à Saint-Marc

La Table ronde intitulée « Le goût de la Francophonie » est venue clore ce deuxième jour de festival. Elle était composée des auteurs Robert Colonna d’Istria, Alexis Jenni, Jean-Frannçois Faü, Yehia Belaskri et Gilles Gauthier sous la modération d’Odile Cazenave.

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