Si Senghor m’était conté…

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L’Université Senghor à Alexandrie est une institution, portant très haut les couleurs de la Francophonie. Ses étudiants sont aussi des acteurs culturels pleins de dynamisme, qui collaborent très fréquemment avec l’Institut français.

L’Institut français d’Egypte et Université Senghor à Alexandrie : des atomes crochus et plus encore…

C’est bon, ils ont fini !

C’est par une cérémonie riche en émotions et en discours que les 176 étudiants de la 16ème promotion Hamani Diori de l’université Senghor à Alexandrie ont reçu leur « parchemin » après deux années de formation. La cérémonie a vu la présence de la secrétaire générale de l’Organisation Internationale de la Francophonie Louise Mushikiwabo, du Dr Khalid Mohammed Atef Abdel Ghaffar, Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique de la République Arabe d’Egypte, devantun parterre de diplomates et de représentants des partenaires de l’université.

Des ambassadeurs du développement du continent africain.

Issus de 22 pays d’Afrique d’Haïti et de la France les étudiants de l’université Senghor se sont engagés dans diverses formations réparties en quatre programmes de master, à savoir le management, la culture, l’environnement et la santé publique. Pendant deux ans ils ont reçu des enseignements d’éminents professeurs (et professionnels) venant des quatre coins du monde.  Galvanisés par ces différentes formations, ils retournent dans leur différents pays pour mettre en application les différentes notions qu’ils ont reçu.

Une dense collaboration durant la formation.

Pendant leur formation, les étudiants de l’université ont tissé de solides relations avec l’Institut français d’Egypte à Alexandrie notamment avec le service culturel et la médiathèque.

Rencontres, musique, expositions

Déterminés à joindre leur formation à la pratique, les étudiants n’ont pas tardé à investir les locaux de l’Institut français, seul cadre alliant pratique du français et activité culturelle dans un pays du Moyen Orient moins tourné que dans le passé vers la langue française. Ils ont alors engagé une véritable collaboration avec le service culturel de l’Institut.

Ils feront une première exposition sur les œuvres d’un artiste béninois Modeste Affama, dénommée la Discipline en mars 2018 pendant 10 jours. Une exposition qui a connu un véritable engouement. S’en suivra en avril la pièce de théâtre La rage du roi de Christian Guei et La servitude jouée par Donatien Gaglozoun.

En mars 2019, parmi nombre d’autres actions (telle la participation à la Nuit de la Poésie, et la présence aux activités de la médiathèque – club lecture, atelier de lecture à haute voix) un fameux concert voué à la musique urbaine ivoirienne, le Zouglou, a clos l’année et enflammé le théâtre de l’Institut (couplé avec une exposition et une discussion).

A cela il faut ajouter la participation active de l’université Senghor aux Journées du patrimoine alexandrin (expositions, tables-rondes), et aux 7ème et 8ème éditions du festival Ecrire la Méditerranée, qui à chaque édition propose des cafés littéraires et des tables rondes au sein de l’université (partenaire de référence et soutien de la manifestation). Cette année 2019, elle a été marquée par la présence de Jean Bofane, Ryad Girod, Alexis Jenni lauréat du prix Goncourt 2011, Robert Colonna d’Istria, Gilles Gauthier et Yahia Belaskri.

A présent c’est fini avec la 16ème promotion, vivement la 17ème !

Boris Agossadou

Etudier à l’université Senghor est un challenge pour les Egyptiens qui souhaiteraient y poursuivre leur formation universitaire. Depuis bientôt 30 ans, l’université forme des étudiants dans différentes spécialités, mais la part d’étudiants égyptiens reste réduite. D’une part, le concours d’accès à l’université Senghor est exigeant à cause de l’examen écrit qui se fait en français. D’autre part, le système international LMD n’étant pas en vigueur en Egypte certains doutent de la reconnaissance nationale du diplôme.  Mais le recteur de Senghor tient à rassurer : le diplôme de l’université est bien reconnu par le Conseil suprême des universités égyptiennes. Aussi les étudiants alexandrins peuvent intégrer la formation dès lors qu’ils pratiquent la langue française.

“ Il n’y a pas de quota réservé aux Egyptiens, ils suivent le processus du concours, examen écrits puis entretien oral avec les directeurs de départements, puis s’ils répondent aux exigences du concours ils sont recrutés au même titre que les étudiants venant d’ailleurs“ explique le recteur Thierry Verdel. “Nous avons commencé à faire davantage de communication sur les réseaux sociaux à l’endroit des étudiants alexandrins et notre souhait est d’avoir davantage d’étudiants égyptiens dans les promotions à venir“.

Depuis quelques années l’université, grâce à sa collaboration historique avec la faculté de langues étrangère de l’université d’Alexandrie et les institutions françaises basées à Alexandrie, recrute en effet des étudiants égyptiens. A titre d’exemple, Marwa Abdelgawad, qui travaille au Centre d’Etudes Alexandrines, a rejoint la 16ème promotion de l’université dans la spécialité Gestion des Industries Culturelles. Marwa témoigne avoir été ravie d’entrer à l’université Senghor et de se retrouver dans une communauté africaine à laquelle elle est fière d’appartenir. Elle connaissait l’université par les relations de sa structure avec l’université, et venait parfois suivre des conférences animées par ses collègues du CEAlex. Elle a décidé elle aussi de s’y former.

 “Je me suis demandé ce que je fais ici, je ne vais jamais réussir“ s’avoua Marwa quand elle a rejoint la promotion. Elle était surprise de l’aisance de ses camarades francophones en français et a admiré la qualité de leurs présentations orales. Ce qui ne l’a pas empêchée de finir sa formation avec une soutenance brillante de son mémoire de master (portant sur la création de mallettes pédagogiques destinées à vulgariser auprès des élèves les connaissances sur le patrimoine alexandrin). Aujourd’hui Marwa a rejoint son service au sein du CEAlex où elle compte mettre en œuvre le projet élaboré pendant ses études.

NB : Les étudiants égyptiens à Senghor : en 2018-2019 ils étaient sept ( inscrits aux départements santé et culture). 

B.A.

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