Jeunes et journalistes !

Publié par

Un atelier d’initiation au journalisme a réuni pendant plus d’une semaine des élèves, issus en majorité des écoles bilingues d’Alexandrie. L’opération a permis aux participants d’acquérir des bases et aussitôt plonger dans les travaux pratiques. Voici quelques extraits de leurs réalisations.

En partenariat avec le Secrétariat général des Écoles catholiques à Alexandrie.

8 jours de journalisme
par Amira el Zafer et Abir Mahmoud

Un atelier de journalisme pour apprendre les techniques de rédaction d’un article de presse. Des participants témoignent…

L’atelier a eu lieu à l’Institut français d’Alexandrie, du 12 au 20 juin 2019. Dans cet atelier, les participants ont un cours le matin, des exercices à faire l’après-midi, puis se retrouvent le soir pour une mise en commun. Ils se sont entraînés à faire une interview et à classifier les informations. Ils apprennent aussi la rédaction d’un portrait. Ils ont su comment écrire un article. Les participants se sont entraînés à la prise de notes pendant les conférences ou pendant un entretien. À la fin, ils ont su comment écrire et rédiger un texte (papier) pour la radio.

Nous avons interrogé des participants. Sont-ils satisfaits ? Ahmed Moataz Mohamed-Kamel dit qu’il a profité de cette nouvelle expérience pour améliorer son niveau de français. Il a appris les principes et les bases du journalisme. «Pour toutes les langues, les techniques du journalisme restent les mêmes, que l’on parle arabe ou français».

Pour Aya Metwaly, « cela m’a donné de nouvelles connaissances et c’était une expérience inoubliable pour moi» ! Anya Le Moal, une participante française, a aimé apprendre à rédiger un portrait. «J’aime beaucoup cet atelier, il m’a appris beaucoup de choses».

Les travaux des étudiants publiés sur la page Facebook de l’Institut français sont ensuite repris sur le blog de l’IFE. Les participants ont reçu un certificat à la fin de l’atelier. Peut-être à l’avenir l’un d’eux sera un célèbre journaliste !

Cet atelier a été animé par Thibault Van Den Bossche. Etudiant à l’Université Senghor en communication et médias. Thibault est aussi professeur de conversation au collège Saint-Marc.

Doaa Taher : celle qui recrée les liens !
par Sandra Sarwat

Une Alexandrine influente réunit les anciens élèves des écoles des Frères et des Sœurs à Alexandrie…

Ancienne présidente du club Rotaract d’Alexandrie, Doaa Taher est une habituée des actions associatives.  En 1997, elle fonde une association très active de Diplômés des Lettres et Beaux-arts francophones (disparue en 2000). En novembre 2017, nouvelle communauté : Doaa Taher lance un groupe Facebook des « Écoles des sœurs et des frères d’Alexandrie » (ESFA). « Après la faculté, je remarquais la différence entre les gens issus des écoles des frères et sœurs, et les autres, mon objectif est donc de rassembler des gens qui se ressemblent et de créer une société qui nous soit propre ».

Le groupe, bien structuré et composé en comités thématiques, connaît un succès énorme.  « Ça me fait chaud au cœur quand un membre me dit que ce groupe lui a changé la vie ou lui a permis d’être au courant de ce qui se passe dans les autres écoles, et parfois c’est une consolation pour les gens qui ont le mal du pays ».
Malgré les obstacles, Mme Doaa n’arrête jamais d’innover : une radio ESFA est créée, des activités de charité, séminaires, célébrations de Ramadan et de fêtes chrétiennes, ont lieu. « J’espère que ESFA sera une organisation internationale et que le groupe sera connu partout » conclut Mme Doaa !

Alexandrie se prépare pour la Coupe d’Afrique 2019 par Ahmed Mootaz

L’Egypte est notoirement un des pays qui comprennent un grand nombre d’amateurs de football !  Alexandrie fait partie des villes qui accueillent des matches (avec le Caire, Suez, Ismaïlia).

L’effervescence est évidente. A Alexandrie, on peut voir des décorations partout dans la ville. Les rues et les bus sont couverts d’affiches publicitaires. Déjà, des soldats stationnent autour du stade municipal tous les cent mètres pour assurer la sécurité.

Ce stade d’Alexandrie, construit en 1929, est le premier en Egypte et en Afrique. Inspiré par l’ancien style romain, le stade d’Alexandrie a aussi intégré quelques parties des remparts de l’époque islamique dans ses propres murs. D’une capacité de presque 20 000 places, il accueillera les matches du groupe B (Nigeria, Guinée, Madagascar et Burundi).

Pour que tout soit prêt à temps, les ouvriers s’affairent. Ils renouvellent la pelouse et les sièges. Ils rénovent les murs, repeignent tout ce qui est possible de repeindre, même les trottoirs aux abords ! Les routes sont refaites, les marquages au sol et les lampadaires, inexistants jusqu’alors, fleurissent. La petite place est remodelée, les palmiers sont taillés. Aucun détail n’est laissé au hasard.

A l’intérieur du stade, on trouve des jacuzzis et des bains de glace ; des installations construites afin de satisfaire les demandes de la CAF. « La chambre des commentateurs sportifs a été renouvelée aussi avec les systèmes audio, la chambre des personnalités de marque et le terrain du stade », affirme Mohamed Ali, un ingénieur présent sur le chantier. « Notre but est, essentiellement, de donner une bonne impression aux spectateurs, que ce soit par la performance de notre équipe mais aussi par l’apparence du Stade », conclue-t-il.

Alexandrie accueille son premier match le 22 juin…

La CAN au pays des pyramides par Jana Amr et Nourane el Salmawy

Sept coupes ne nous suffisent pas, on veut la huitième !

Les rues brillent, le pays est dans sa meilleure condition, le stade est complètement renouvelé, les rues sont repeintes. Quelle effervescence ! De même les publicités ne parlent que d’un seul sujet, les Pharaons dans la Coupe d’Afrique des Nations (CAN). En écoutant la radio, en regardant la télé, tu peux facilement suivre les nouvelles de l’équipe nationale, écouter les chansons encourageant l’équipe…

Entre 1957 (première édition de la CAN) et 2019, il y a eu un grand progrès. A l’origine, le championnat était nommé « le tournoi Abdelaziz Abdallah Salem » et, seulement trois pays participaient à ce tournoi. Maintenant il y en a 24. On espère que le gagnant du titre cette année sera le même que celui de 1957 : l’EGYPTE !

On ne peut pas parler de foot en Egypte sans mentionner le Pharaon égyptien, « The Egyptian King ». Mohamed Salah vient de célébrer son 27e anniversaire entouré par l’équipe nationale égyptienne. Il vient de remporter « The golden boot » (meilleur buteur) pour 2 années successivement. Même son club de Liverpool a remporté le titre de la meilleure équipe en Europe. Espérant qu’il va nous éblouir dans ce tournoi comme il est habitué à le faire !

Emigrer, veut-il dire tout quitter ?
par Sara Wahid

Qui ne veut pas voyager, faire le tour du monde, s’ouvrir à d’autres civilisations ? Mais la question ici est : qui veut émigrer ? Qui veut laisser sa patrie, sa vie, ses amis et aller à l’étranger, vers l’inconnu ? ».

Il est difficile d’émigrer, d’aller dans un pays où on ne connaît rien ni personne, tout recommencer après s’être construit dans sa propre société. C’est plus difficile encore pour les jeunes – quitter le pays natal où l’on a vécu dans un état de stabilité, et en une seconde se sentir marginalisé. Une jeune fille nous confie : « Je me sentais seule et exclue. »

Pourtant la vraie source de la joie et du bonheur est en nous ! Et l’émigration n’est pas la fin, c’est le début d’une nouvelle aventure ! Pour voir le monde sous un autre angle. Sortir de sa bulle…

Mais un jour on sortira. Et il est mieux de sortir tôt, car on apprend à avoir confiance en soi. A différencier le désir et la nécessité. « Ma famille et moi sommes des réfugiés. Je ne voulais pas vraiment laisser mon pays natal, mais nous étions obligés d’immigrer pour vivre. »

Emigrer ne veut donc pas dire tout éliminer, c’est une leçon de vie pour apprendre la patience, la persévérance et l’indépendance. Peut-être une dure leçon, mais : “la vie est la plus grande leçon. ”

Les écoles francophones en Egypte
par Anya Le Moal

Programme français (comme le LFA) ou école égyptienne ? Les différences, à travers le regard de quelques lycéens

A Alexandrie, en Egypte, le français est une langue vivante grâce aux multiples écoles enseignant le français. Nous y retrouvons par exemple des écoles francophones chrétiennes qui suivent le programme égyptien mais qui font la moitié des cours en français, comme le collège St. Marc, le collège St. Gabriel, le collège Notre Dame de Sion ou bien le collège Ste Jeanne Antide. Puis nous retrouvons aussi le Lycée Français d’Alexandrie (LFA) connu aussi sous le nom de Champollion, qui suit le programme français.

Mais à part la différence de programme, qu’est-ce qui différencie les écoles francophones chrétiennes de l’école française ? J’ai questionné un élève de l’école St. Marc, une élève de Ste Jeanne Antide et une du LFA :

Belal – 3eme préparatoire (collège St. Marc) : « Dans nos écoles, il y a des sœurs et des frères alors qu’à Champollion, je ne crois pas qu’il y en ait. Aussi, mon collège est un collège de garçons. Mais il y a aussi des écoles catholiques pour filles ou mixtes. Nous finissons assez tôt, vers 2 heures de l’après-midi. Ce qui nous laisse le temps de faire des activités extra-scolaires. J’aime beaucoup mon école, je m’y sens bien ».

Sara – (Ste Jeanne Antide) : « Mon collège est un collège de filles, nous sommes nombreuses, à peu près deux-cent par niveau car il y a 5 classes par niveau. Nous avons beaucoup d’heures de français par semaine, à peu près 8 heures par semaine. Nous n’avons pas d’autres cours de langue à part le français, l’anglais et l’arabe ».

Lily – 5eme (LFA) : « Au LFA, nous sommes mixtes et ne sommes pas très nombreux sachant qu’il n’y a pas beaucoup de classes par niveau. Nous n’avons pas de sœurs mais des surveillantes qui s’occupent de nous. Nous apprenons le français, l’anglais, l’arabe, l’espagnol, l’allemand et certain font même du latin. Nous travaillons sur cahier mais avons tous nos manuels sur l’Ipad, chaque élève a un Ipad et j’aime beaucoup ça ! J’aime bien mon école et mes amis, mais les journées sont très fatigantes car nous commençons à sept heure trente du matin et finissons souvent à dix-sept heure du soir ou plus tôt, ça dépend des jours».

« La nécessité est mère de l’invention » par Helana Morcos

La première application de transcription phonétique française sur Playstore est égyptienne.

Une application pédagogique de transcription phonétique française a été lancée par un étudiant alexandrin à la faculté de lettres du département français, inspiré par son cours de linguistique.

Abanob Albert a développé «French phonetic transcription », une application sous Java, lancée le 2 septembre 2018. Elle transcrit les phrases ou les mots français en alphabet phonétique, quelle que soit la longueur.

« Ma principale inspiration était le cours de linguistique qui m’a aidé à lier mes nouvelles connaissances de programmation à mes études universitaires », commente Abanob Albert. ‘’Je ne trouve que des sites Web en ligne qui peuvent faire la transcription phonétique du français mais il n’existe pas des applications hors ligne, tandis que pour la langue anglaise il existe plusieurs applications qui sont capables de faire la transcription phonétique de l’anglais. »

L’application a été téléchargée plus de 10 000 fois. La plupart des utilisateurs sont d’Algérie (25%), puis de Côte d’Ivoire (13%), Mali (8%), Russie (6%) et finalement Egypte (5%).

La dernière mise à jour de cette application était le 15 juin 2019, après la découverte d’un problème dans la transcription de trois lettres qui se suivent « amm » et le « h » dans certains mots comme adhésion.

L’application aide gratuitement non seulement les étudiants égyptiens mais aussi les étudiants autour du monde. L’éducation joue un rôle dans l’innovation ; c’est aussi l’inspiratrice qui allume la lampe des inventeurs !

Le goût de la France… le goût de l’Égypte par Rim El Fahham

Tous les pays du monde possèdent chacun leur spécificité en matière de gastronomie. Plongée dans ces deux mondes qui illustrent l’orient et l’occident.

Selon l’auteur français Jules Renard « Le temps passe par le trou de l’aiguille des heures ». Les Français sont très attachés aux horaires des repas. En revanche, les Égyptiens ne sont pas très attachés à des horaires, et tous les restaurants sont ouverts presque tout le temps.

Le dîner, bien sûr, a la priorité en France puisque c’est le repas où la famille se regroupe. En Egypte, la famille se regroupe plutôt pour le déjeuner. Le mois du Ramadan est l’exception : toutes les familles, surtout les musulmanes, se regroupent pour avoir leur premier repas de la journée après le coucher du soleil.

Parlant du lever du soleil, le petit déjeuner en Égypte est connu par le foul et le falafel ; parce ces plats ne sont pas chers et conviennent à toutes les classes sociales. Les Égyptiens peuvent prendre leur déjeuner à la maison avant de sortir, au travail, ou l’emmener dans leurs sacs à l’école.

Le petit-déjeuner chez les Français se prend environ entre 6h et 8h. Il se compose de biscuits et du pain avec du beurre ou de la confiture, on appelle cela une tartine. Le déjeuner est de midi à 14h, où on peut manger du riz, des pâtes, des pommes-de-terre, comme en Egypte, mais aussi de la charcuterie et du vin, des éléments qu’apprécient énormément les Français mais qu’ils ne retrouvent pas en même qualité en Egypte. Enfin, le dîner se prend entre 19h et 21h.

C’est là le grand problème pour les visiteurs français en Égypte, il leur manque les bons fromages, la bonne charcuterie, le bon pain, et le bon vin. C’est un choc pour ceux qui viennent de la meilleure « cave » du monde. D’un autre côté, les Égyptiens musulmans en France ont une difficulté à trouver des viandes Halal. Autre différence : les desserts égyptiens sont trop sucrés pour les Français. Eux se spécialisent dans les boulangeries, les pâtisseries et l’épicerie. Les Égyptiens sont très connus par les Konafa et Harisa, surtout en période de Ramadan.

Pour conclure, les cuisines française et égyptienne ne cessent de nous surprendre, chacune avec ses particularités !

Regard d’un Français sur l’Egypte par Aya Metwali et Amira el Zafer

Thibault Van Den Bossche est d’origine française. Il est venu en Égypte en octobre 2017 pour enseigner le français dans un collège de garçons du Caire. Il est resté pour vivre la francophonie… mais pas que !

Ayant enseigné la langue française au collège de la Salle au Caire, il a été surpris par la grande différence entre l’éducation en France et l’éducation en Égypte. Les horaires sont différents : ici, les cours vont de 8h à 14h, alors qu’en France ils vont jusqu’à 17h, avec une vraie pause déjeuner en restaurant scolaire au milieu de la journée. L’année en Egypte est également beaucoup plus courte, les vacances d’été allant de mai à septembre, alors qu’en France il n’y a que juillet et août.

L’enseignement du français dans un pays non francophone lui a fait découvrir le monde de la francophonie. Cet univers l’attire beaucoup, c’est pour cette raison qu’il a choisi de rejoindre l’université Senghor à Alexandrie pour faire son master de communication et médias. Ses camarades de promotion et ses amis égyptiens s’en étonnent, alors que les universités françaises sont d’un meilleur niveau. “J’ai fait un choix entre étudier la francophonie en France ou vivre la francophonie en Égypte”, explique-t-il.

Mais Thibault a aussi profité de l’Egypte, de ses paysages et son patrimoine. Le désert surtout l’a marqué, lui qui habite en France dans la fraîcheur de la forêt. Il a été ébloui par l’oasis de Siwa, avec ses nombreuses sources d’eau chaude et froide, douce ou salée. Assouan, avec ses cataractes et ses felouques, reste sûrement sa destination touristique préférée.
Ce voyageur a beaucoup apprécié l’accueil chaleureux du peuple égyptien. Il avoue toutefois que, parfois, il doit se méfier : le service rendu d’un Egyptien peut exiger en retour un autre service, ou un « bakchich ». De plus, il regrette l’absence d’intimité, dans un pays de 100 millions d’habitants, où il n’existe aucun espace calme, tranquille et solitaire. Il constate que le poids de la société pèse sur la vie égyptienne. Pendant le ramadan, le changement de rythme de la journée impose beaucoup de contraintes. Les relations hommes/femmes ne sont pas faciles, et doivent rester discrètes.

Le large choix de nourriture en France lui manque, mais il est très heureux de trouver en Egypte une nourriture « baladi » bon marché, et accessible à tout endroit et à toute heure. Il apprécie de pouvoir emprunter des moyens de transports peu coûteux, train, tram, ou microbus qui ne sont pas chers. Mais l’accès aux lieux touristiques est cher pour un étranger, plus que pour les Égyptiens, et les arnaques sont nombreuses.

Thibault a bien vu que les Égyptiens sont fiers d’être descendants des Pharaons. Ils sont le peuple qui a construit les pyramides, le plus ancien du monde et, comme on dit :  « om el donia ». Pourtant, aujourd’hui leurs rues sont sales et le Nil pollué, alors qu’il était sacré pour les Pharaons. Il se retrouve aussi confronté à la mentalité « incha’allah, bokra, maalich », qui freine parfois le sérieux de certaines relations, notamment professionnelles.
Enfin, il lui a fallu s’habituer aux négociations ardues, pour faire ses courses ou avec les chauffeurs de taxi. Le système de bus, sans plan ni horaires, est encore incompréhensible pour lui, surtout dans la ville gigantesque du Caire. Le fait d’être toujours pris pour un touriste ou un étranger, après deux ans vécus en Egypte, l’agace et l’amuse en même temps. La barrière de la langue est une difficulté qu’il travaille à surmonter pour mieux s’intégrer.

Sandra Azab, un chemin de vie par Sandra Sarwat

La « battante » alexandrine Sandra Azab n’a pas pris le chemin traditionnel de la carrière pharmaceutique qui se dessinait, car ses rêves l’ont poussée plus loin.

L’histoire de son succès commence alors qu’elle est encore élève au Collège de la Mère de Dieu à Alexandrie. Sa personnalité se forge grâce à ses professeurs, ses amies et les activités qu’elle exerce comme le théâtre et le mouvement eucharistique des jeunes (MEJ). Elle souligne l’impact du théâtre sur sa vie, ses responsabilités l’aident à gagner en maturité. Ensuite, le MEJ la fait rester en contact avec l’école durant les années de fac. Un livre lu en 3ème préparatoire l’influence en profondeur : «Une vie motivée par l’Essentiel».

Aujourd’hui, elle témoigne de sa reconnaissance pour tous les professeurs qui l’ont aidée à disperser la poussière accumulée sur ses talents enfouis. « L’école m’a appris à ne pas prendre un chemin traditionnel dans ma vie, mais à aller plus loin, et ne pas avoir peur de portes inconnues qui s’ouvrent » dit-elle avec le sourire aux lèvres.

Elle rejoint la prestigieuse faculté de pharmacie d’Alexandrie. Elle lit beaucoup durant sa vie universitaire, et il est clair pour elle que le premier intérêt des boîtes pharmaceutiques, c’est le profit. « Guérir et éradiquer des maladies fait tout bonnement chuter les profits ! »

Son stage en France dans une pharmacie, durant ses études, lui fait constater la différence entre l’Europe et l’Egypte en matière de commerce des médicaments. « En absence d’un système réglementaire rigide pour bien organiser la délivrance des médicaments, j’ai su que je ne pourrais pas prendre ce chemin… » Cette expérience est un tournant dans sa vie. Elle réalise que la pharmacologie n’allait pas servir aux principes auxquels elle était fidèle depuis l’école.

Elle décide donc d’étudier avec succès la santé publique.  Cette Alexandrine est la première de tout le Moyen-Orient et d’Afrique du Nord à être nominée Jeune membre chercheur (à 35 ans) à l’Académie Pontificale de la Vie au Vatican.  Aujourd’hui Sandra Azab est une inspiration pour son entourage. Elle mène des recherches complexes dans le domaine de la bioéthique (éthique de la vie professionnelle médicale) en relation avec la globalisation et la technologie. Son conseil à tous les jeunes qui n’ont pas encore trouvé leur voie dans la vie : « il n’est jamais trop tard pour changer le domaine où tu travailles. Je préfère le mot « bagage professionnel» que « CV », car le bagage est fait de toutes les expériences accumulées : théâtre, journalisme, charité…».

Pédagogie Reggio-Emilia en Égypte : Cradle2Crayon, la première crèche du genre par Habiba Ragab

Comment les enfants d’un an et demi jusqu’à cinq ans apprennent à voler par leurs propres ailes. 

Qu’est-ce que la pédagogie Reggio-Emilia ? C’est une méthode d’enseignement, d’apprentissage et de sensibilisation pour les enfants. L’enfant joue le rôle d’observateur, de chercheur et d’enseignant. 

À Cradle2Crayon, les enseignants ont recours à des programmes tels que le Gross Motor Skills, le Fine Motor Skills et le Sensory Play qui encouragent l’expression de soi, la communication, la réflexion logique et la résolution des problèmes. Dès le premier jour, les enfants apprennent à compter sur eux-mêmes. Dès qu’ils passent la porte de la crèche, ils commencent à ouvrir leur cartable, à sortir leur nourriture, leur bouteille d’eau, ferment leur cartable et l’accrochent dans la classe sans l’aide du professeur. Celui-ci les observe seulement et parfois les guide.

« C’est incroyable de voir comment les tout-petits peuvent compter sur eux-mêmes » a noté la directrice de la crèche. En ajoutant « Chez nous les enfants n’ont pas peur de se salir, l’important c’est d’expérimenter et après on leurs apprend comment se laver les mains ».

Les enfants et les appareils électroniques

L’Académie américaine de pédiatrie (AAP) recommande un maximum d’une heure d’écran par jour pour les enfants âgés de 2 à 5 ans. Diverses études ont montré qu’une utilisation excessive de l’écran peut nuire aux enfants. La directrice de la crèche explique : « par exemple, allez chercher deux enfants, un qui utilise les appareils électroniques et l’autre non. Ensuite essayez de donner un ordre à tous les deux. Vous remarquez que l’enfant qui n’utilise pas les appareils électroniques a son taux de concentration et une rapidité à répondre plus élevés que l’autre ».

« Nous avons trouvé beaucoup de difficultés en appliquant la méthode Reggio-Emilia car à côté de ce système nous essayons d’apprendre à nos enfants la discipline, à respecter les autres. Des parents nous quittent car ils ne veulent pas que leurs enfants se fatiguent, ils veulent que nous les fassions manger et boire et même passer aux toilettes. Mais nous voulons construire des hommes et des femmes qui peuvent compter sur eux-mêmes » déclare la directrice de Cradle2Crayon.

La Bibliothèque d`Alexandrie et la francophonie par Abdelrahman Aly

Près de la Bibliothèque d`Alexandrie, en face de la Méditerranée, le temps est beau et le public, toutes générations confondues, profite de la cour extérieure. Si l’on entre, c’est pour constater que beaucoup de visiteurs étrangers, notamment français, viennent découvrir la grande bibliothèque et ses nombreuses activités, vraiment magiques. A chaque heure de la journée, la Bibliothèque organise des tours touristiques en français pour découvrir les différents niveaux et les musées. Elle comprend trois bâtiments principaux. A gauche, le bâtiment des conférences, en face c’est la bibliothèque elle-même, avec à sa droite l’entrée des employés. 

Le soleil se couche, mais la Bibliotheca reste illuminée par ses livres…

Lieu célèbre, reflétant le patrimoine et la culture du monde entier, et l’une des plus grandes bibliothèques au monde, la Bibliothèque accueille notamment des Français qui aiment visiter le musée d`Antiquités. Ils tiennent découvrir la bibliothèque francophone (BF), située au niveau B1. Cette bibliothèque munie d’une grande table, est fréquentée par les étudiants francophones pour lire ou étudier leurs leçons. De plus, la bibliothèque organise des conférences en français autour de l’enseignement de la langue française en Egypte.

Les frères et leurs écoles par Abdelrahman Mamdouh et Mootassem Zarka

Etudier dans une école des Frères, c’est spécial grâce à la qualité de l’éducation et du système pédagogique.

Avant, il y avait plus de 50 Frères dans une seule école, par exemple au collège Saint-Marc. De même, tous les enseignants étaient des Frères. Puis ils ont intégré des laïcs, des hommes puis des femmes, rappelle Ramez Antone, inspecteur du cycle préparatoire, professeur de sciences et ancien étudiant Saint Marcien. Il précise que le nombre des Frères diminue dans le monde entier, pas seulement en Égypte.

Le mérite de la fondation de ces écoles, avec des principes qui existent jusqu’à aujourd’hui, est à attribuer à Jean-Baptiste de la Salle. Le premier établissement construit en Égypte, en 1853, est le Collège Sainte Catherine. Après un an, les Frères ont décidé de construire la première école au Caire : Saint Joseph. Ils vivent encore dans cette école, dans le quartier de Khoronfish. Il y a aussi une autre communauté en Moyenne-Égypte, à Bayadia. A Alexandrie, il y avait plus de 14 écoles, il ne reste aujourd’hui que Saint Gabriel et Saint Marc. Ce collège, fondé en 1928, est le dernier construit par les Frères en Égypte. Il est connu comme un des bâtiments phares d’Alexandrie.

La qualité de l’éducation par le passé et celle d’aujourd’hui est presque identique. Dans le passé ces écoles avaient des pensionnats pour les élèves étrangers de nationalité française, grecque et italienne, avec un dortoir, une cuisine, une salle à manger sous la surveillance des Frères responsables. Aujourd’hui, la majorité des élèves rentre chez soi. Mais les élèves sentent que leur école est comme leur maison. Et ils en sont fiers !

Saint-Marc : un regard sur son histoire architecturale par Belal Elhussen

Le Collège Saint-Marc est un des grands monuments d’Alexandrie avec sa coupole visible de la corniche. Construit en une année et demi, son architecture est unique.

La première coupole. La coupole a été reconstruite plus d’une fois. D’abord la construction initiale entre 1926 et 1928. On utilisa le bois avec une couche de ciment puis des blocs de roches. Il y avait, à cette époque-là, une grande horloge électrique sur le fronton visible de la corniche. Elle était connectée avec toutes les horloges dans le collège. Mais cette horloge est tombée à la fin des années soixante. Deuxième malheur dans les années soixante-dix, où il a fallu reconstruire la coupole à cause de l’humidité qui avait rongé le bois de la charpente. Cette fois, on recourt au fer.

La première construction en bois de la coupole

Puis il a fallu recommencer. « Le fer utilisé dans ce temps-là n’était pas bon, et il a rouillé » commente M. Ramez Antoine, directeur du cycle préparatoire au collège Saint-Marc. Cette fois on a rebâti en fer sur le plan d’origine de la coupole, en divisant l’ouvrage en tranches (en cas de dégradation, une reconstruction partielle suffisait).

Autrefois le dortoir des élèves

L’église et son toit

Le 6 octobre 1928, le Roi Fouad vient pour l’inauguration du collège. Six mois supplémentaires sont nécessaires pour finir l’église. Son énorme taille, et l’absence de colonne au milieu pour supporter le toit ont rendu la construction plus délicate. Le toit de l’église et les toits du cycle grand primaire surmontent deux plafonds : un vrai plafond et un faux plafond. Entre les deux, un espace de 50 cm permet la circulation d’air. Cette technique est utilisée comme isolant thermique. L’intérêt : l’école était pour commencer un pensionnat, et tout le cycle primaire servait de dortoir pour les élèves.

Ce sont les deux frères Cyprien-Pierre et Itale-Hippolyte qui ont eu l’idée du Collège Saint-Marc, et ils ont fait des croquis pour la construction, mais tout ce qu’ils ont imaginé ne s’est pas réalisé. Ils voulaient que l’école ait un vaste théâtre, mais au fil de la construction du collège on a découvert que les ressources financières allaient manquer. Alors ils ont fait un petit théâtre qui existe encore aujourd’hui au deuxième étage. A l’emplacement d’abord prévu pour le théâtre, on trouve maintenant le centre de vie pour les enfants handicapés, et un petit jardin.

« Ce bâtiment est unique au Moyen-Orient  » conclut M. Mansour, architecte général du collège qui a réalisé la troisième coupole.

St Marc tel qu’imaginé par les Frères, avec le théâtre, au fond à droite

En garde… marche ! par Aya Metwaly

L’escrime est un sport très connu en Europe. Pas en Égypte où une minorité le pratique. Présentation par une passionnée.

« Pour moi, l’escrime n’est pas un jeu que je pratique juste dans mon temps libre : c’est ma source de plaisir », a commenté Adham Helmy, joueur d’escrime à l’académie Target Fencing. Voilà un sport qui conjugue tous les sports. Par exemple, il est indispensable d’avoir des muscles robustes comme dans l’haltérophilie, il faut être concentré durant tout le match comme au tennis, il est nécessaire d’avoir une flexibilité comme au ballet, et il est important d’avoir du souffle comme en natation. Ce jeu augmente la capacité à se concentrer et rend plus intelligent ! Il fait partie du pentathlon moderne, discipline olympique réunissant cinq sports, avec le tir au pistolet, la natation, l’équitation et le cross-country.

L’escrime n’est pas coûteuse, contrairement à ce qu’on pense. Il n’est pas nécessaire d’acheter masque, épée et veste trop coûteux pour pratiquer ce jeu. Plusieurs clubs offrent ces équipements au joueur durant l’entraînement. En outre, il y a trois « armes » dans l’escrime qui sont des disciplines très différentes : épée, fleuret et sabre. L’escrime est un jeu français. Les rois l’ont pratiquée. Les termes et les expressions sont en français comme « marcher » pour avancer et « fender » (fendre) pour faire un grand pas et toucher l’adversaire.

Au Caire, on peut trouver plusieurs clubs comme « Target Fencing Academy », très connu.

Question : que faut-il pour gagner à l’escrime ? « C’est l’encouragement de ceux qui sont autour de moi » déclare Salma Soliman, joueuse d’escrime à l’Elite Academy.

Pour conclure, il serait bon que les médias en Égypte s’intéressent à l’escrime. Mais il est vrai que nous sommes dans une société qui ne s’intéresse qu’au football et n’est pas très ouverte au changement.

Régime « vegan » en Egypte : la méthode Bassem Youssef par Loay Omar

Plant B est un programme alimentaire réalisé par le Docteur Bassem Youssef. Qu’en est-il et que vaut-il vraiment ? Présentation et analyse (audio !) de Loay Omar »

vk_audio_proc Cliquez pour écouter :

Bassem Youssef et le régime Plant B. Après avoir exercé pendant 13 années en tant que chirurgien cardio-thoracique, Bassem Youssef se tourne vers la satire politique. D’abord sur Youtube avec des vidéos de 5 minutes puis en format TV show comme présentateur. Il rassemblera jusqu’à 30 millions de téléspectateurs par semaine et sera invité deux fois par Jon Stewart (son équivalent) aux États-Unis, en 2012 et 2013, où il s’installera un an plus tard.

Un jour, Youssef apprend qu’un de ses amis souffre d’une maladie cardiaque due à une mauvaise alimentation. C’est à ce moment qu’il décide de revoir son régime alimentaire et comprend qu’il est possible de se protéger de ces maladies en mangeant plus sainement et même en ne mangeant que des végétaux. Il en fait lui-même l’expérience et prend conscience que sa fatigue, ses insomnies et ses quelques kilos en trop résultaient de sa mauvaise alimentation et de la junk food particulièrement présente en Égypte.

Il décide alors de créer son propre programme Plant B, dans lequel il invite les participants à suivre un régime végétarien pendant 21 jours et à partager leur expérience.

Que pensez-vous de la beauté ? par Mai Alaa Abdlebary

 La beauté, qu’est-ce que c’est ? Sujet très discuté au sein de la société égyptienne. Témoignages…

Le sens de la beauté est-il le même pour tous les Égyptiens, puisqu’ils partagent la même culture ? Étonnamment, ce sens est en réalité différent pour chacun et chacune. Par exemple, beaucoup de gens pensent que la beauté est synonyme de l’apparence physique. « Nous sommes visuels, donc, nous sommes premièrement attirés par ce qu’on voit », explique Alaa Abdelbary (52 ans). Cependant, les jeunes montrent une tendance à penser que la beauté n’est pas exclusivement physique. Elle inclut aussi la confiance, l’unicité, et la joie. « Quand je pense à la beauté, je vois une personne saine, heureuse, et radieuse », confie Abdel Aziz Atef.

On pense que la beauté est un concept de l’Occident. Pourtant, ce principe a été enraciné en Égypte depuis les pharaons. Ils ont souligné l’apparence physique et la relation entre la beauté et la jeunesse. L’histoire raconte que la reine  Cléopâtre a pris des mesures extrêmes pour conserver sa beauté. Par exemple, elle se baignait dans du lait d’ânesse pour maintenir sa peau jeune et tendre. En plus, parmi ses plats préférés, on trouvait des perles dissoutes dans du vin.

La société égyptienne a connu des changements de la norme de beauté. Dans les vingt dernières années, la poussée de la culture occidentale a eu un grand effet. Les idéaux ont changé pour correspondre à l’idéal esthétique occidental : avoir une peau claire, être blond, etc. Les médias et les réseaux sociaux ont eu un impact sur l’opinion et les valeurs. Aujourd’hui, il manque aux adolescentes la connaissance de soi, donc elles imitent sans réfléchir « Les Fashionistas ». La plupart des femmes égyptiennes qui portent le voile se sentent moins belles que les autres, surtout si l’environnement autour d’elles manque de femmes voilées.

En outre, l’expansion rapide de l’industrie cosmétique et l’industrie de la chirurgie plastique a eu un impact énorme à tous les niveaux sociaux. « Vous allez penser que cette expansion affecte les jeunes seulement, mais, en fait, il affecte ma génération aussi », raconte une femme égyptienne libanaise de 51 ans. Les industries cosmétiques et de chirurgie plastique transforment les normes de beauté. Le processus normal de vieillissement est perçu comme un défaut, donc l’utilisation du maquillage est prolongée. Les gens sont prêts à prendre des mesures extrêmes pour rester jeune. Par exemple, le remplissage de lèvres, le botox, et les facettes dentaires.

La beauté comme un moyen d’identification

La beauté comporte aussi une dimension psychologique. En effet, il est établi que la beauté peut inconsciemment faire évoluer les traits de personnalité, influer sur l’intelligence, le succès, la santé. « Quand je vois une belle femme, je crois qu’elle est plus intelligente, plus réussie, et d’un niveau social plus haut » souligne Farag (48 ans). Étonnamment, il y a un consensus sur la beauté comme indicateur de la santé et la confiance d’une personne. C’est un stéréotype confirmé par les gens plus âgés, surtout les hommes.

Il reste que les normes de beauté sont subjectives et dépendent chacun de nous. L’idéal n’est pas réalité. La connaissance de soi et la perception de ce que sont nos valeurs et nos convictions sont nécessaires pour dicter notre propre norme du « beau », en conservant notre identité.

Sommaire des articles publiés

8 jours de journalisme par Amira el Zafer et Abir Mahmoud

Doaa Taher : celle qui recrée les liens ! par Sandra Sarwat

Alexandrie se prépare pour la Coupe d’Afrique 2019 par Ahmed Mootaz

La CAN au pays des pyramides par Jana Amr et Nourane el Salmawy

Emigrer, veut-il dire tout quitter ? par Sara Wahid

Les écoles francophones en Egypte par Anya Le Moal

« La nécessité est mère de l’invention »par Helana Morcos

Le goût de la France… le goût de l’Égypte par Rim El Fahham

Regard d’un Français sur l’Egypte par Aya Metwaliet Amira el Zafer

Sandra Azab, un chemin de vie par Sandra Sarwat

Pédagogie Reggio-Emilia en Égypte : Cradle2Crayon, la première crèche du genre par Habiba Ragab

La Bibliothèque d`Alexandrie et la francophonie par Abdelrahman Aly

Les frères et leurs écoles par Abdelrahman Mamdouh et Mootassem Zarka

Saint-Marc : un regard sur son histoire architecturale par Belal Elhussen

En garde… marche ! par AyaMetwaly

Régime « vegan » en Egypte : la méthode Bassem Youssef par Loay Omar

Que pensez-vous de la beauté ? par Mai Alaa Abdlebary

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s