Le français à Alexandrie : ce qu’ils en disent

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Le français, arrivé en Égypte lors de l’établissement de l’Égypte moderne par Mohammed Ali Pacha, a évolué pendant les siècles de ses successeurs avec la construction d’écoles françaises laïques ou chrétiennes, très prisées par toute la société. Jusqu’à maintenant les écoles francophones au Caire et à Alexandrie sont des écoles prestigieuses et participent avec l’Institut français, l’Agence universitaire de la francophonie et l’université internationale Senghor à entretenir la francophonie en Egypte. Nous avons demandé à quelques Alexandrins quel lien les rattachait au français.

Simone, sœur à l’école Saint Vincent De Paul :

« Le fait d’être francophone est un grand avantage. En ce qui concerne le travail, il y a plusieurs secteurs qui exigent une langue étrangère. Pour parler de l’histoire de la langue française, premièrement elle est comme l’italien et l’espagnol basée sur le latin. Le français est très répandu, c’est une langue cosmopolite.

En comparant le français et l’anglais, nous pouvons voir que la langue anglaise est une langue limitée à cause de sa prononciation et est seulement la langue du commerce. Tandis que la langue française est une langue riche ; c’est la langue des salons littéraires, des conversations et des relations internationales. »

Sœur Simone rappelle aussi que l’anglais n’était pas la première langue étrangère durant les siècles passés. Les langues latines ont prédominé jusqu’au 19ème siècle. L’anglais est arrivé et s’est imposé plus tardivement.

Omar, étudiant multilingue au collège Saint Marc :

« D’après mon expérience, le français facilite l’apprentissage des langues de la même famille. Par exemple j’ai appris l’espagnol très facilement grâce au français. Le français c’est dans mon cœur ! La francophonie pour moi c’est une identité. C’est-à-dire que je suis fier d’être francophone, je n’apprends pas la langue française parce que ça m’aide à communiquer avec les gens ou pour avoir un travail ou quelque chose comme cela. Non. J’apprends la langue française parce que je l’aime. Ça représente pour moi plein de choses, une langue qui est tellement belle… il y a beaucoup de choses à dire !

Sarah, mère non francophone d’élèves francophones :

« Ce n’est pas facile du tout, le fait de ne pas être francophone.

Les membres de ma famille m’ont déconseillé de mettre mes filles dans des écoles francophones. Mais j’ai pris le risque parce que je connais les avantages de cette langue. Elle permet par exemple d’apprendre une autre langue latine plus facilement. Les écoles francophones enseignent en plus la discipline et l’engagement.

Pourtant c’est un défi, parce que je ne pourrai pas suivre les études de mes enfants ; toutefois j’essaye d’apprendre le français pour suivre leurs leçons. »

Malak, étudiante aux Religieuses Franciscaines (3ème primaire) :

« J’aime beaucoup la langue française parce que ça me rend différente de mes amis et de ma famille. J’espère devenir professeure de français et voyager en France pour parler avec des Français. »

Chérihane, maitre-assistante à la faculté des lettres et de littérature française :

« J’ai choisi la langue française parce que je l’aime et qu’elle est plus facile pour moi que l’anglais, car j’ai pu l’apprendre dès mon enfance. Je pense qu’il y a une communauté francophone importante au Caire et aussi à Alexandrie grâce aux différentes institutions qui se trouvent ici comme l’institut français, l’Université Senghor, le Consulat, les écoles francophones, etc. C’est notre rôle d’agrandir la communauté francophone en Égypte et spécialement à Alexandrie avec toutes sortes d’activités. »

Petite chronologie du français à Alexandrie

  1. Collège de la mère de Dieu 1881
  2. Collège Girard 1890
  3. Lycée français 1909
  4. Collège saint marc 1928
  5. Institution de Sainte Jeanne Antide 1934
  6. Département de langue et littérature française (Université d’Alexandrie) 1946
  7. Adhésion de l’Egypte à la Francophonie 1983
  8. Université Senghor 1990

Par Lilyanne Hanny et Lina Ahmed

Ce qu’ils en disent (2) : apprenants de français à l’IFE

Membre de l’équipe de rédaction du blog, Mirna Samir a demandé aux apprenants de français qui suivent des cours à l’Institut français ce qu’ils attendaient de cette langue.

Certes l’Égypte (1) est un pays anglophone plus que francophone, pourtant nombre d’adultes cherchent à apprendre le français.A part l’émigration et le marché du travail, quelles sont leurs motivations ?

Aly, Sabah et Ingie, aspirent à maîtriser cette langue « charmante ». .Aly visant l’enseignement, il a choisi la Faculté de pédagogie et le département de français .Pour Sabah, c’est différent : voulant changer de carrière, étudiante en traduction à l’école d’infirmerie, elle souhaite émigrer (l’anglais offre une bonne occasion pour l’émigration mais la France est sa destination favorite). Quant à Ingie – étudiante à la Faculté de tourisme-le français est étroitement lié à son travail. Selon eux:la possession du français peut considérablement élargir les perspectives professionnelles.

Autre type d’apprenant : celui ou celle qui étudie cette langue pour être capable de suivre ses enfants dans leurs études. C’est le cas de Jihanne, mère de deux filles,éprouvant un grand amour pour la langue de Molière.

Une autre motivation : les carences du système éducatif égyptien. Ahmed, diplômé d’une école anglophone, souhaite perfectionner son français comme son anglais : « à l’école j’étais brillant en français, mais le programme était basé sur l’étude par cœur… plus tard j’ai constaté que je ne savais pas construire une phrase correcte ! »
Selon Sohaïla -diplômée d’une école francophone- « il y a une grande différence entre le français enseigné à l’école et le français dans la vie pratique.. en un mot l’école n’est pas satisfaisante pour l’apprentissage des langues ».

Pour Nada et Mohamed, encore élèves, en étudiant le français comme deuxième langue étrangère leur objectif principal est d’éviter les cours privés. Ils cherchent à posséder la langue, et non seulement à recevoir de bonnes notes… comme en distribuent un peu trop généreusement les cours privés à leur clientèle.

L’autre objectif est d’enrichir le C.V, puisque la connaissance d’une langue étrangère est une des meilleures qualités appréciées sur le marché du travail.

Au-delà des différentes raisons invoquées, toutes les personnes interrogées conviennent de leur amour pour le Français et soulignent l’utilité de cette langue.

Par Mirna Samir

(1) L’Égypte figure parmi les pays francophones avec un nombre de locuteurs considérable : 2800 000 en 2010.

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