Hakawi : retour sur une exposition-événement

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| LES GRANDS RENDEZ-VOUS 2019-2020 à l’Institut français d’Égypte |

HAKAWI – RÉCITS D’UNE ÉGYPTE CONTEMPORAINE –

Le 11 septembre 2019, s’ouvrait à la Cité internationale des Arts à Paris la grande exposition sur les jeunes photographes égyptiens. Cette manifestation-phare de la Biennale des Photographes du monde arabe a été conçue dans le cadre de l’Année culturelle France-Egypte.

Le coup d’envoi du projet avait eu lieu en mars 2019, avec l’atelier organisé à Alexandrie par l’artiste Bruno Boudjelal. Ce projet visait à braquer le projecteur sur la jeune génération des photographes d’Égypte, peu connue à l’extérieur.

Plusieurs d’entre eux sont venus à l’image en photographiant les soubresauts de la Révolution de la Place Tahrir. En mêlant artistes déjà repérés et jeunes passionnés de photo, l’exposition de 2019 et son atelier préparatoire ont montré qu’un nouveau langage visuel émergeait, très sollicité par les urgences sociales et les tensions au sein d’une société égyptienne qui oscille entre conservatisme et désir d’ouverture.

Conçue par Bruno Boudjelal et Diane Augier, à l’initiative de l’Institut français d’Égypte à Alexandrie, l’exposition de Paris a permis à quatre photographes originaires d’Alexandrie de présenter leurs œuvres.

Les artistes exposés :
• Mai Al Shazly (1985), Le Caire • Roger Anis (1986), Menia • Mohamed Anwar (1992), Dakahliya • Fathi Hawas (1994), Kafr Al Dawar • Eman Helal (1985), Jeddah • Karim El Hayawan (1978), Giza • Ebrahim El Moly (1992), Alexandrie • Nada Elissa (1990), Le Caire • Hesham Elsherif (1997), Fayoum • Fatma Fahmy (1991), Riyadh • Ahmed Gaber (1996), Beheira • Hana Gamal (1993), Le Caire • Amina Kadous (1991), Le Caire • Heba Khamis (1988), Alexandrie • Mohamed Mahdy (1996), Giza • Fares Zaitoon (1990), Le Caire.

Le texte de présentation de l’exposition (extraits) :

« L’Égypte est un pays qui a été beaucoup photographié, et ce largement depuis le début du XXe siècle, voire la fin du XIXe siècle. Ces images, nombreuses, ont nourri l’imaginaire occidental et nous les portons tous d’une manière ou d’une autre inscrites en notre esprit.

Ici, avec cette exposition, nulle trace d’exotisme ou d’orientalisme. Ces jeunes photographes, sept femmes et neuf hommes âgés de 20 à 30 ans, nous donnent à regarder « au-delà des apparences ». Ce qu’ils nous donnent à voir à travers leurs « hakawi », leurs récits, c’est une Égypte extrêmement contemporaine, traduisant le quotidien de ces femmes et de ces hommes, fait de combats et d’espérances.

Hakawi est une mosaïque de récits photographiques, nous racontant une Égypte très actuelle, documentant le pays et sa société sans compromission et dans un engagement total.

Il est important de laisser la place à cette nouvelle génération de photographes qui émerge. Ils nous racontent et documentent là où ils vivent, comment ils vivent. Ils participent ainsi à un mouvement qui se fait jour depuis plusieurs années sur le continent africain, dans divers pays, et qu’il est essentiel de soutenir. Hakawi va dans ce sens. »

Mini-portrait : Héba Kamis

Heba Khamis est née en décembre 1988 à Alexandrie. Elle fait ses études aux Beaux-Arts, puis abandonne les pinceaux lors du Printemps égyptien. « Après l’école, c’est le photojournalisme qui m’a choisi en quelque sorte… J’ai commencé lors de la révolution et j’ai fait les deux révolutions, 2011 et 2013. C’était dangereux et très dur, mais aussi très important de documenter ce moment-là ». Elle s’oriente alors vers le documentaire et se concentre sur les questions sociales et humanitaires. Elle emporte un premier prix du World Press photo en 2018 pour un reportage au Cameroun sur le « repassage » des seins : cette pratique traditionnelle consiste à masser ou presser les seins des filles pubères pour ralentir leur développement. Elle a réalisé d’autres projets sur des sujets difficiles : la prostitution de jeunes migrants en Allemagne; la communauté transgenre, avec sa série Call Me Home. Ses photos ont été publiées dans de nombreux journaux et magazines. Elle vit entre l’Égypte et les Pays-Bas. Son site : http://www.hebakhamis.com/

Article de presse sur l’exposition : Radio France Internationale

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